[{"src":"https:\/\/roxane.digital\/wp-content\/uploads\/2018\/04\/iStock-628232910-copie-e1523370628197.jpg","id":"e5fb0ff6ad031b842e2ff01ac5dd909e"}]
Back

La blockchain dans tous ses états

Par L. Boileau,
le 09 avril 2018

Blockchain par-ci, blockchain par-là… Depuis quelques temps on a l’impression que tout tourne autour de cette nouvelle technologie aussi révolutionnaire que complexe. Sans vous faire une analyse approfondie de ce concept - Déjà parce que je n’en ai aucunement les capacités et que certains l’ont déjà fait de manière très complète - il reste tout de même nécessaire de résumer peu ou prou ce qu’est la chaîne de blocs.

Le site BlockchainFrance en donne une définition généraliste et compréhensible : « La blockchain est une technologie de stockage et de transmission d’informations à coût minime, sécurisée, transparente, et fonctionnant sans organe central de contrôle. Par extension, une blockchain (littéralement une « chaîne de blocs ») désigne une base de données sécurisée et distribuée (car partagée par ses différents utilisateurs), contenant un ensemble de transactions dont chacun peut vérifier la validité. Une blockchain peut donc être assimilée à un grand livre comptable public, anonyme et infalsifiable. »

Pour les plus néophytes d’entre vous, vous ne comprenez sûrement pas réellement de quoi il en retourne concrètement. Et ce n’est pas avec cet article que vous en saurez davantage sur son fonctionnement. Mais ne partez pas maintenant, non, ici, ce que je vous propose, c’est de faire un tour des différents secteurs qui commencent tout doucement à être touchés par la chaîne de blocs.

Faisons un petit tour d’horizon de l’utilisation de la blockchain dans les secteurs de la musique, du cinéma, de l’agroalimentaire ou encore dans les services de VTC.

Carrefour et sa blockchain de traçabilité

En mars dernier, Carrefour a mis en place la première utilisation de la chaîne de bloc dans le secteur de l’alimentation dans le but de tracer la provenance de ses aliments. C’est avec son poulet fermier que l’entreprise a inauguré sa nouvelle idée. Le principe est très simple : Permettre aux consommateurs, à travers un QR Code apparaissant sur l’étiquette du produit, de connaître tout le chemin effectué par le produit. Du champ jusqu’à l’assiette. Avec ce système Carrefour souhaite donner plus de transparence quant à la provenance de ses produits et ainsi permettre aux consommateurs d’avoir une plus grande confiance en l’enseigne. Même si seul son poulet est encore concerné, le distributeur a annoncé vouloir exporter le principe à d’autres de ses produits. Une utilisation de la blockchain qui permet de mieux comprendre toutes les possibilités qui en découlent.

La blockchain fait son cinéma avec Vevue

Sans son mode de distribution atypique, la comédie romantique indépendante américaine “No Postage Necessary”, qui devrait sortir en juin prochain, serait sûrement passée complètement inaperçue. En effet, la particularité de ce film repose sur le fait qu’il sera le premier film à être exclusivement produit grâce à la technologie blockchain. Le film sera disponible sur l’application Vevue.

 

Vevue est une application décentralisée, ce qui veut dire qu’aucun individu ne peut collecter les données personnelles des utilisateurs. Elle possède sa propre crypto-monnaie (les “tokens”) qui utilise la plateforme technologique Qtum développée par la Qtum Foundation (une crypto monnaie qui prend le meilleur du Bitcoin et de l’Ethereum, elle repose sur la base du protocole du Bitcoin et se spécialise dans les smart contrats tout comme Ethereum). Un processus qui pourrait, selon ses défenseurs, aider l’industrie du cinéma à lutter contre le piratage.

Avant la mise en ligne du film, l’application Vevue distribuera gratuitement des tokens afin de pouvoir acheter le film. Pour l’instant, aucun prix n’a été communiqué pour l’achat ou la location du film. La production a seulement indiqué qu’il serait équivalent aux prix pratiqués sur les autres plateforme vidéo en ligne.

Musicoin, le Spotify de la blockchain

C’est avec le site de streaming Musicoin que l’on retrouve le système blockchain au sein du secteur musical. Encore en bêta, la plateforme permet aux artistes de se rémunérer plus facilement que sur des sites de streaming plus populaires comme Spotify, Deezer ou encore iTunes Music, à la seule différence qu’ici, il n’y a pas d’intermédiaires pour l’artiste. Il reçoit directement l’argent (La cryptomonnaie utilisée par le site est le $MUSIC) une fois l’un de ses morceaux écoutés par un auditeur.

Le secteur de la musique en ligne actuelle est victime d’un mur très opaque entre la plateforme musicale et l’artiste, les nombreux intermédiaires entre les deux partis empêchent le musicien de vérifier quoi que ce soit et ce dernier se retrouve régulièrement avec des royalties très faibles. Mais avec l’utilisation de la blockchain, le fossé entre les deux partis se verra réduire, voire totalement disparaître. Cette technologie permettra d’enregistrer l’écoute d’un titre en streaming, la rémunération qu’elle génère, de savoir que l’opération s’est déroulée comme prévu, et cela, sans jamais exposer de détails confidentiels. Un rêve pour tous les musiciens indépendants.

La'Zooz, le Uber de la blockchain

La ‘Zooz est une start-up israélienne qui est à ranger au côté de Blablacar et Uber à la seule différence que… je vous le donne en mille… elle utilise la blockchain comme technologie.

« L’Homme a été sur la Lune, en est revenu, mais est toujours bloqué dans les bouchons » : voilà selon Shay Zluf, l’un des fondateurs de La'Zouz, le problème qu’essaye de résoudre la start-up. En effet, l’objectif est, à terme, de décongestionner le trafic urbain.  Mais en quoi La’Zouz se différencie des biens connus Uber et autres Blablacar ? Eh bien, contrairement aux applications que l’on connaît, l’application est en open-source, c’est-à-dire que tout est sous le contrôle des participants, de la création des applications mobiles jusqu’au partage de trajets. Le service n’est donc détenu par personne, même pas par son fondateur, l’entièreté appartient à sa communauté.

Chaque personne qui contribue à faire évoluer l’application (du simple utilisateur aux graphistes travaillant sur l’aspect esthétique) se voit rémunérer en « Zooz », les jetons utilisés par la start-up créés sur la base du Bitcoin. Plus le service aura d’utilisateurs, plus la valeur de la monnaie diminuera (une façon pour la start-up de privilégier les “early-adopters”).

L’application de La'Zooz est déjà disponible sur Google Store mais n’est pas encore active. L’intérêt pour l’instant est de télécharger l’application pour aider à construire le réseau.

Deux moyens sont possibles pour aider à construire le réseau de La'Zouz :

- activer l'application pendant vos déplacements,

- partager l'application et amener vos proches à l'utiliser.

Et la communication dans tout ça ?

Le secteur du marketing et de la communication pourrait aussi se voir transformer avec la blockchain, et cela, pour différentes raisons :

Tout d’abord cela permettrait aux annonceurs de vérifier l’affichage des bannières. Les annonceurs se reposent généralement sur les statistiques communiqués par la plateforme dont il est le client afin de connaître le montant total qu’il doit payer pour une bannière. Soit selon un calcul au coup par clic (CPC), ou alors au coup par mille (CPM). Mais il est légitime de vouloir être sûr que les affichages indiqués sont réels. Si tous les affichages ou clics étaient enregistrés dans une blockchain spécifique. Les annonceurs auraient alors la garantie de payer des campagnes effectives.

De plus, au moment où la question des données personnelles est de plus en plus présente, la blockchain pourrait permettre aux internautes de crypter leur identité en amont. Les marques pourrait donc accéder directement aux données de parcours digitaux de leurx clients sans pouvoir remonter, sans leur accord, à des données jugées plus personnelles.             

On peut d’ailleurs noter l’apparition de la crypto-monnaie SaTT, qui souhaite devenir la monnaie d’échange entre annonceurs et éditeurs. Selon les créateurs, grâce à ce token, les transactions seront plus rapides, plus sûres et beaucoup moins onéreuses qu’elles ne le sont aujourd’hui.

Même si les start-ups présentées n’en sont encore, pour certaines, qu’à leurs balbutiements, ce petit tour d’horizon nous permet de mieux comprendre, et ainsi appréhender, ce que pourrait apporter la blockchain d’ici quelques années dans notre vie quotidienne. Même si la compréhension de ce système reste complexe pour un néophyte. Il reste primordial de prendre en considération que cette technologie va largement modifier le monde tel qu’on le connaît actuellement.

Merci d'utiliser votre téléphone en mode portrait